BIOGRAPHIE

L’œuvre de l’artiste plasticienne allemande Evi Keller interroge le principe cosmique de la transformation de la matière par la lumière. Les empreintes de l’instant [sculptures, peintures, photographies, vidéos, sons et performances] révélent un processus de substantialisation, qui s’incarne et se transfigure progressivement dans des installations que l’artiste désigne espaces de transition.

Le cheminement à travers ces espaces a guidé l’artiste vers des créations Matière-Lumière témoingnant de l’anthropocène. Constituées du carbone né dans les étoiles, noyau essentiel de toute matière vivante et recyclé par l’homme, ces œuvres sont animées et transmutées par absorption, transmission et réflexion en des matières changeantes dans l’interaction avec le spectateur. Par un processus alchimique Evi Keller transfigure ainsi la mémoire de centaines de millions d’années en œuvres d’art.

L’artiste dévoile, pour la première fois, Matière-Lumière lors de la Nuit Blanche 2014 à Paris. Dès le début de l’année 2015, la galerie Jeanne Bucher Jaeger propose une collaboration à Evi Keller, avec une première exposition personnelle d’envergure de mai à septembre 2015, une présentation de ses œuvres au sein d’expositions en France et à l’international, et lors de foires telles que la FIAC, Art Dubai, Art Brussels. La même année, la Maison Européenne de la Photographie expose les photographies et l’œuvre audiovisuelle Matière-Lumière [Towards the light-silent transformations], qui intègre alors la collection d’art vidéo de l’institution. Une conférence est consacrée aux regards croisés portés sur les oeuvres de Joseph Mallord, William Turner et Evi Keller à l’occasion du Cycle Les Lumières de la Vie organisé par l’Université Paris Diderot. A l’occasion de la cérémonie de clôture de l’Année de la Lumière à l’Hôtel de Ville de Paris en février 2015, l’artiste est invitée à projeter une œuvre audiovisuelle à l’issue de la conférence d’Hubert Reeves Redonner le ciel aux gens.

L’année suivante, une installation Matière-Lumière est présentée à la Centrale for contemporary art à Bruxelles (exposition Connected, du réel au virtuel, mars-août 2016). Dans le cadre de l’exposition de ses œuvres au Musée des Arts Décoratifs (exposition Le Contemporain Dessiné de mars à juin 2016) est donnée la conférence La matière au delà du visible autour de Jean Dubuffet et Evi Keller. En 2017, la philosophe et commissaire d’exposition Joke Hermsen choisit des œuvres clés d’Evi Keller pour l’exposition Château Kairos au Château de Gaasbeek en Belgique (avril-juin 2017), aux côtés de Georgia Russell, Anri Sala, Hans Op de Beeck, Pipilotti Rist, Chiharu Shiota, Otobong Nkanga, Antony Gormley. L’artiste participe également à l’exposition Passion de l’art. Galerie Jeanne Bucher Jaeger depuis 1925 au Musée Granet d’Aix-en-Provence (juin-septembre 2017), aux côtés notamment de Paul Klee, Vassily Kandinsky, Alberto Giacometti, Max Ernst, Nicolas de Staël, Mark Tobey et Jean Dubuffet.

Tout au long de ces dernières années, l’artiste nourrit par ailleurs des collaborations régulières avec des danseurs et des musiciens contemporains.

Au cours de l’année 2018, Evi Keller choisit de se consacrer entièrement à la création d’une installation monumentale, la Performance/Matière/Lumière (présentée de mars à juin 2019 à l’atelier de l’artiste et dans le cadre de la Nuit Blanche du 4 octobre au 5 novembre 2019 en l’Église Saint-Eustache). Dans un rituel d’initiation au sens tribal, l’artiste accueille le spectateur au cœur de l’expérience intime et personnelle des visions multiples de la transmutation de la matière par la lumière. Performeurs [lumière, spectateur, artiste] interagissent dans un espace de transition pour vivre en un instant quelques milliards d’années. La substance brute réduite à son essence, devient le matériau de notre propre création.

En 2021, la galerie Jeanne Bucher Jaeger présentera une nouvelle exposition personnelle de l’artiste.